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L’Artisanat du bâtiment ne se voit pas en très bonne année bonne santé 2012

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Artisanat du bâtiment : le repli de l’activité parait inévitable pour 2012.

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« Si l’année 2011 renoue avec la croissance, elle ne sera pas celle de la reprise. 2012 devrait enregistrer un net recul de l’activité dès la fin du premier semestre. » Patrick Liébus, Président de la CAPEB.

La Confédération de l’Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment (CAPEB) a présenté hier le bilan 2011 du secteur et ses perspectives pour 2012. Si l’année écoulée présente une hausse de +2,5 % du volume d’activité avec un fort rebond au 4e trimestre (+3,5 %), les prévisions pour 2012 font état d’une baisse d’activité qui devrait s’établir à -1 %, conséquence immédiate d’une économie en berne et de l’application des mesures du plan de rigueur. 

Avec +3,5 % de croissance, le 4e trimestre clôture une année 2011 en trompe l’œil
2011 a été une année en dents de scies : Alors que le 1er trimestre 2011 s’est avéré plus encourageant que prévu, en particulier du fait du bon dynamisme de la construction neuve, et que le second trimestre a confirmé un début de reprise, renforcé par l’entretien rénovation, le 3e trimestre est quant à lui marqué par un ralentissement brutal suite aux turbulences de l’économie mondiale et européenne. Contre toute attente, l’activité des artisans du bâtiment connait une forte embellie au 4e trimestre 2011 avec une progression +3,5 %.

Différentes raisons expliquent cette embellie soudaine au 4e trimestre. Tout d’abord l’ensemble du territoire a bénéficié de conditions climatiques particulièrement clémentes, contrastant fortement avec la rigueur hivernale lors du 4e trimestre 2010 et plusieurs journées d’intempéries déclarées. De plus, se sont conjugués un rattrapage des prises de commandes, non passées lors du trimestre précèdent en raison d’un climat économique crispé après la fin de l’été, et une anticipation de travaux suscitée par les craintes de la modification du taux de TVA réduit annoncée par les plans de rigueur.
La croissance de l’artisanat du bâtiment est largement soutenue par le segment de la construction neuve avec une activité en forte hausse à +5 % du fait d’un niveau conséquent de mises en chantiers, notamment en maison individuelle. Avec une moindre hausse de +2 %, l’entretien-rénovation a été porté par les travaux d’amélioration de performance énergétique des logements (+4,5 % par rapport au même trimestre de l’an dernier).
Cette évolution, constatée sur l’ensemble de l’hexagone, bénéficie à tous les corps de métiers avec des hausses qui oscillent entre +3 et +4 %.

Au final l’année 2011 apparait en trompe l’œil : les artisans renouent avec la croissance (+2,5 % en volume) après deux années de baisse consécutive de leur activité. Néanmoins, ce niveau d’activité, comparable à celui des années 2000, ne permet pas d’effacer les effets de la crise de 2008.
« Les résultats de cette année ne doivent pas masquer les réalités économiques auxquelles les artisans sont confrontés quotidiennement. 2012 demandera une vigilance particulière de la part des entreprises pour veiller au bon équilibre entre l’évolution de leurs trésoreries, de leurs marges et le développement de leurs marchés. Les banques auront un rôle essentiel à jouer auprès des petites entreprises du bâtiment, d’autant que j’en connais qui ont souffert pour 5 000 euros » indique Patrick Liébus .

Les effets de la crise de 2008 sur la santé financière des entreprises persistent. Les questions de trésorerie et d’augmentation des coûts, comparativement à celles des prix, sont toujours l’objet de réelles inquiétudes.
Patrick Liébus, souligne : « Face aux problèmes de trésorerie, il faut exiger des banques qu’elles proposent de vraies solutions aux TPE, en particulier pour les besoins de financement de faible montant, d’autant que la loi LME raccourcit les délais de paiement inter-entreprises. D’ailleurs, nos entreprises attendent que les Pouvoirs publics encadrent les délais de paiements des particuliers, en priorité pour les travaux dépassant 10 000 € ».

Une baisse d’activité de l’ordre de -1% envisagée pour 2012

Les perspectives pour 2012 ne sont pas réjouissantes et les prémices de croissance enregistrées en 2011 resteront sans suite. L’artisanat du bâtiment devrait enregistrer une baisse d’activité, probablement autour de -1 %, du fait d’un second semestre qui serait en très net recul. Le 1er semestre resterait cependant bien orienté, consécutivement à un niveau important de permis de construire et de mises en chantier établis en 2011 (près de 406 000 logements commencés à fin novembre).

En revanche, le second semestre souffrira d’un ralentissement dans le neuf et de l’application des plans de rigueur décidés en 2011 avec le recentrage du PTZ+, la disparition du dispositif Scellier, la rehaussement du taux réduit de TVA de 5,5 % à 7 %, la limitation du plafond de ressources pour obtenir l’Eco-prêt à taux zéro et le coup de rabot sur les crédits d’impôts développement durable. A cela devraient se cumuler les effets d’une économie ralentie et d’un poids de la dette publique toujours très lourd, impactant notamment l’accès au crédit tant pour les ménages que pour les entreprises.
Patrick Liébus avertit «  nous aurons notre part de responsabilité dans le développement de nos entreprises, il faudra veiller à ce que les mesures gouvernementales ne déstabilisent pas notre secteur d’activité en supprimant les formes de concurrences déloyales. Pour cela, exclure le bâtiment du champ du régime de l’auto-entrepreneur est impératif au même titre qu’encadrer le dispositif des certificats d’économie d’énergie et que lutter contre le travail dissimulé ».

2011 : emplois préservés ; 2012 : emplois menacés au second semestre
L’emploi salarié du BTP qui s’établit à 1 446 100 actifs au 3e trimestre 2011 voit sa situation se stabiliser. En 2011, l’artisanat du bâtiment a globalement préservé ses emplois. Pendant la crise, notamment en 2010, les artisans ont préféré envoyer leurs salariés en formation, plutôt que de les licencier, valorisant ainsi leurs capacités de production, qu’ils ont pu mettre en œuvre en 2011.

L’année 2012 sera contrastée :
1)    Pour les 6 mois à venir, 91 % des entreprises envisagent de maintenir l’emploi au niveau actuel. 6 % des entreprises envisagent d’embaucher. Enfin, seulement 3 % des chefs d’entreprise prévoient de licencier ou de ne pas renouveler les contrats d’un ou plusieurs salariés.
2)    Pour le second semestre, les pertes d’emplois se feront sentir en raison d’un recul d’activité prévisible, dans le neuf comme en entretien-rénovation.

Ainsi l’artisanat du bâtiment pourrait perdre entre 2 000 et 3 000 emplois hors intérim dès 2012. La filière bâtiment pourrait perdre entre 10 et 15 000 emplois hors intérim (ou près de 30 000 intérim inclus). Il est à craindre que la baisse d’activité du bâtiment s’amplifie en 2013 avec un impact sur l’emploi encore plus conséquent qu’en 2012.

Patrick Liébus, Président de la CAPEB, explique : « Pour préserver les conditions d’embauche en 2012 et rendre nos 380 000 entreprises artisanales plus compétitives, une réduction des charges est indispensable, ainsi que le rétablissement d’une égalité de traitement fiscal et social pour corriger les disparités existantes entre les entreprises : à cotisations égales, prestations égales ».

Un Livre Blanc : le Réseau CAPEB à la rencontre des candidats aux élections de 2012
À l’occasion des élections présidentielles et législatives de 2012, la CAPEB publie aujourd’hui un Livre Blanc destiné à interpeller l’ensemble des formations politiques et des élus sur les grandes préoccupations des entreprises artisanales du bâtiment.
Les propositions contenues dans ce Livre Blanc fixent les grandes priorités de l’organisation en matière de développement économique des territoires, de logement, de formation professionnelle, de développement durable, et de promotion des métiers au travers de l'apprentissage.

Au titre des priorités pour soutenir l’activité en 2012, la Confédération souhaite notamment voir émerger une réelle politique du logement capable de conforter les engagements du Grenelle de l’Environnement par une fiscalité attractive, seul véritable levier de développement du marché de la performance énergétique. L’accompagnement du principe d’Eco-conditionnalité, présenté en novembre et opérationnel dès 2014, sera également essentiel.

De même, alors que les entreprises réalisent 30 % des marchés publics, la CAPEB propose d’abaisser le seuil de recours aux appels d’offres à 125 000 euros pour faciliter l’accès des entreprises artisanales à ces derniers. Pour asseoir l’économie du secteur, la CAPEB encourage les pouvoirs publics à libérer le foncier ainsi que d’optimiser les aides d’accession à la propriété.

La compétitivité des entreprises passera aussi par une simplification réelle des démarches et contraintes administratives. Pour y parvenir, la CAPEB propose la création d’un coffre-fort électronique permettant aux entreprises de ne fournir qu’une seule fois un ensemble de documents régulièrement exigés d’elles par les administrations ou les maîtres d'ouvrages publics.

« 98 % des entreprises du bâtiment en France sont des petites entreprises qui comptent près d’un million d’actifs répartis sur l’ensemble du territoire. Forte de son maillage territorial et de sa proximité économique, j’ai demandé à nos 125 CAPEB départementales et régionales de solliciter leurs candidats aux prochaines élections afin de leur présenter notre secteur, bien souvent sous-estimé. L’ensemble de mes collègues sera très investi dans cette mission de représentation. En effet, trop souvent l’artisanat a été, au mieux, écouté, rarement il a été entendu ! En 2012, je souhaite que le bâtiment soit entendu. Au cours de notre Assemblée générale,  qui se tiendra à Paris les 11 et 12 avril prochain, nous inviterons les candidats aux élections, quelle que soit leur appartenance politique, à prendre position sur l’ensemble de nos propositions » conclut  Patrick Liébus.

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