Notre planète a de plus en plus chaud et la hausse de la température moyenne (près de 1 °C en un siècle) a déjà amplifié les évènements extrêmes, en particulier les vagues de chaleur et les fortes précipitations. Le constat dressé par le rapport spécial du GIEC sur « la gestion des risques d’événements extrêmes et des catastrophes pour progresser dans l’adaptation climatique » sonne comme une sévère mise en garde.
Que nous dit ce rapport du GIEC sur les évènements extrêmes ?
Il met en évidence, sans ambiguïté, les corrélations entre le réchauffement climatique global et l’augmentation de la fréquence et de l’intensité de certains évènements météorologiques extrêmes. Par exemple, les vagues de chaleur, dont l’intensification est désormais attribuée aux activités humaines, deviennent plus fréquentes et risquent d’être multipliées par dix d’ici la fin du XXIe siècle. Les précipitations intenses doubleront durant la même période si rien n’est fait. L’extension des zones d’inondation et de sècheresse est aussi l’une des conséquences du changement climatique. C’est un risque avéré aujourd’hui : le pourtour méditerranéen (donc le sud de la France), l’ouest de l’Amérique, une partie du Brésil, de l’Australie et de l’Europe centrale... connaîtront des sécheresses intenses et à répétition.
Que faire ?
La priorité, c’est la lutte contre le réchauffement climatique. La communauté internationale doit respecter l’objectif qu’elle s’est fixé à Cancun, fin 2010, de limiter à 2 °C la hausse globale de la température. Ce qui veut dire diviser les émissions de gaz à effet de serre, au moins par 2, sinon par 3 d’ici 2050 par rapport à celles de 1990. C’est un véritable défi : il faudrait que les émissions aient commencé à diminuer d’ici à 2020, or elles ont continué à progresser en 2010 ! Pour mémoire, les émissions de gaz carbonique ont augmenté de 40 % depuis deux cents ans et celles de méthane de 168 %... On est en train de modifier la composition de l’atmosphère de façon importante.
Êtes-vous découragé ?
Surtout pas ! Et puis, mon « job » de scientifique m’impose de continuer à délivrer ce message de l’absolue nécessité de limiter le réchauffement climatique. Il faut aller de façon volontariste vers une société sobre en carbone, nous avons désormais assez de certitudes scientifiques pour convaincre. Nous devons également travailler à une meilleure adaptation de nos sociétés à ces évolutions. Cela passe en particulier par la prise en compte des leçons du passé pour limiter les risques. Il est encore temps d’agir mais il sera bientôt trop tard pour que l’objectif de limiter le réchauffement à 2 °C puisse être atteint. Pourtant, le développement harmonieux de nos sociétés en dépend.
Remerciements : Ministère de L’Ecologie, du Développement durable, des Transports et du Logement.

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