Leur répartition et leur mode de logement sont passés à la loupe de l’Insee.
En 2008, 364 800 personnes nées dans un département d’outre-mer vivent en France métropolitaine. C’est un Antillais sur quatre et un Réunionnais sur sept ; les Antillais plutôt dans l’agglomération parisienne, les Réunionnais dans le sud de la France.
Leur taux d’emploi et leur niveau de formation sont comparables à ceux des autres métropolitains. Les Domiennes travaillent essentiellement dans la fonction publique, territoriale ou hospitalière, les Domiens dans les secteurs des transports, de la logistique ou du bâtiment.
Un Antillais sur quatre et un Réunionnais sur sept vivent en métropole
En 2008, 364 800 personnes nées dans un département d’outre-mer (Guadeloupe, Martinique, Guyane et La Réunion) vivent en France métropolitaine. Elles sont deux fois plus nombreuses qu’en 1975. À l’inverse des schémas traditionnels de migration selon lesquels les hommes migrent davantage, les femmes natives des DOM sont aussi nombreuses à migrer vers la métropole que les hommes.
Avec 117 000 Martiniquais et 115 400 Guadeloupéens installés sur le territoire métropolitain, les Antillais sont les plus nombreux. Un Antillais sur quatre réside ainsi en métropole, pour seulement un Réunionnais sur sept (soit 108 000 personnes). Ces ratios sont constants depuis le début des années 1980. Les Guyanais sont, quant à eux, peu nombreux à migrer : 24 400 personnes vivent dans l’Hexagone. Toutefois, la croissance récente de la population en Guyane pourrait accélérer ces migrations.
En métropole, les Domiens vivent davantage en couple que dans leurs départements d’origine
Le profil des ménages des natifs domiens qui résident en France métropolitaine est comparable à celui des métropolitains. Les familles monoparentales sont moins fréquentes en métropole que dans les DOM (14 % contre 22 %) mais ce sont elles qui rencontrent le plus de difficultés liées à une migration : précarité financière, isolement et absence ou faiblesse du soutien familial notamment.
Les natifs des DOM vivent plus souvent en couple dans l’Hexagone. En particulier, les deux tiers des Réunionnais y vivent en couple, souvent avec enfant(s) (43 % des ménages réunionnais). C’est trois points de plus qu’à La Réunion, où le niveau est déjà particulièrement élevé.
Les Guyanais se distinguent des autres Domiens de métropole : un quart d’entre eux ont entre 18 et 25 ans et donc vivent plus souvent seuls. Au total, un Guyanais sur trois vit seul en métropole.
Les Antillais vivent en région parisienne, les Réunionnais préfèrent le sud
Deux tiers des Antillais de métropole sont installés en Île-de-France, soit 153 000 personnes (carte). Historiquement, la migration des Antillais répondait avant tout à un besoin en personnel des administrations et des services de santé, très implantés en région parisienne. À cette demande forte de main-d’œuvre a répondu une offre large de logements sociaux : dans la région parisienne, la moitié des ménages antillais vivent en HLM. Quant aux Guyanais, la moitié d’entre eux sont installés dans la région parisienne. Mais ils ne délaissent pas pour autant les régions du Sud puisque un Guyanais sur cinq vit dans une des quatre régions du sud de la France
Les Réunionnais vivent très majoritairement en province (72 %). Leur implantation est plus diversifiée sur l’ensemble du territoire. Un tiers des Réunionnais vivent dans les régions du sud de la France, en Aquitaine, Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon, Paca ou Rhône-Alpes. Dans ces régions, le coût des logements est souvent moins élevé qu’en Île-de-France, ce qui facilite l’accession à la propriété. Quatre Réunionnais sur dix sont ainsi propriétaires de leur logement. C’est plus que les Antillais (30 %) mais cela reste inférieur aux autres métropolitains (57 % de propriétaires).
Par ailleurs, les Domiens vivent dans des logements plus petits que les autres métropolitains alors que leurs familles sont plus nombreuses. Aussi, un logement de Domien sur cinq est-il surpeuplé. Les Antillais sont particulièrement touchés : un ménage antillais sur quatre vit dans un logement surpeuplé pour un Réunionnais sur six. Cette différence est liée à leurs localisations respectives.
12 700 Mahorais en France métropolitaine
L’île de Mayotte est devenue le cinquième département d’outre-mer le 31 mars 2011. En 2008, Mayotte avait le statut de collectivité d’outre-mer. À cette date, 12 700 Mahorais vivent en France métropolitaine. Parmi eux, 2 700 sont arrivés moins de cinq ans auparavant. La population mahoraise qui réside dans l’Hexagone est très jeune, à l’image de Mayotte. Ainsi, huit Mahorais sur dix ont moins de 30 ans et un Mahorais sur trois a moins de 15 ans. Ceux qui sont arrivés récemment sur le territoire métropolitain sont encore plus jeunes, puisque 90 % ont moins de 30 ans.
Les Mahorais résident avant tout dans le sud de la France. En tête, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur accueille 17 % des Mahorais qui vivent en métropole.
Un tiers des Mahorais de métropole vivent seuls ; 20 % sont des familles monoparentales (deux fois plus que dans la population métropolitaine) et 39 % vivent en couple (56 % dans l’ensemble des habitants de la métropole).
Les ménages mahorais sont locataires de leur logement (95 %). En dépit de leur faible présence en Île-de-France, près de la moitié d’entre eux sont en situation de surpeuplement. C’est cinq fois plus que pour l’ensemble de la population métropolitaine.
Source : Insee Première N°1389 - février 2012
Sarah Abdouni et Édouard Fabre, direction régionale de La Réunion-Mayotte

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