Entre optimisation des mètres carrés et compactage des salariés en espace ouvert, que reste-t-il de nos cloisons ?
« Un espace de travail individuel, qui favoriserait à la fois l’intimité et renforcerait l’interaction est un mythe » Cette phrase de  Fritz Steele, qui règle son compte à l’open space, a un quart de siècle. Cet architecte d’intérieur soulignait à l’époque  que « les activités individuelles et les activités collectives ne sont guère de même nature et sont prise en charge de manière bien plus efficace par des environnements de travail très différents ».
Comment par un renversement fabuleux, en sommes-nous venus à considérer que nous communiquons bien plus dès lors que les cloisons ont disparu ?
Entre optimisation des mètres carrés et compactage des salariés en espace ouvert, que reste-t-il de nos cloisons ? Comment par un renversement fabuleux, en sommes-nous venus à considérer que nous communiquons bien plus dès lors que les cloisons ont disparu ? Or c’est plutôt l’inverse qui se produit. La disparition de la cloison entraine une raréfaction des échanges, un repli sur soi, voire un repli stratégique vers les derniers espaces cloisonnés que sont certaines salles de réunion ou encore les toilettes. Nous pouvons à juste titre revendiquer d’explorer la cloison sous différents angles. Si nous n’avons pas d’équivalent pour le terme anglais Privacy, imparfaitement traduit par privatisation, nous savons combien le fait de disposer d’un espace personnel, d’un territoire est constitutif de notre identité, et nous offre une protection physique et psychique. La privatisation territoriale se double d’une privatisation visuelle et se triple d’une privatisation acoustique afin de nous permettre de travailler en toute concentration ou de nous réunir en toute confidentialité. Elle est un respect des autres et de leur sphère ? Cloisonner n’est pas synonyme d’opacifier. Ce serait méconnaître le talent des designers, d’architectes, d’ingénieurs, de fabricants, de fournisseurs qui ouvrent à créer des cloisons tantôt translucides, tantôt sérigraphiées, tantôt végétalisées, dont les fonctions sont multiples.
La cloison structure, définit, dessine un paysage dans l’espace
Elle réunit plutôt qu’elle ne sépare, elle organise et facilité. Elle incarne une multitude de cheminements, favorise les circulations et les flux, elle dédie les espace set est un outil au service de l’organisation. En ce qu’elle répond à des nécessités fonctionnelles, elle est sans conteste l’élément le plus marquant de la cohérence entre les modes organisationnels et les espaces.
De son emploi naît une harmonie d’ensemble, une architecture d’intérieur sensée et équilibrée. Elle peut être le support d’une communication, symboliser une culture ; être personnalisée par les personnes qui déambulent, travaillent, échangent, se ressourcent au quotidien au sein de ses profils et de ses surfaces. Elle peut être point de convergence, d’attraction, selon les espaces de réunion qu’elle compose, en offrant une diversité de volumes et de degrés d’ouverture. Elle peut être garante d’une confidentialité et favoriser l’interaction et le développement de relations de confiance. Elle peut être le creuset de processus d’innovation en ce qu’elle accueille des équipes pluridisciplinaires, en ce qu’elle est surface d’affichage, de fertilisation croisée, de collisions inédites d’idées afin de provoquer des Eureka et de favoriser l’élaboration de nouveaux produits ou services.
Remerciements : Génie des Lieux Architecture, Jean-François Vandenabeele, Matfor.
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