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« Proche commerces » : les chiffres officiels

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Vers un retour du petit commerce de proximité ?

Depuis le début des années 2000, la baisse du nombre de commerces traditionnels s’atténue. Dans le même temps, l’essor des grandes surfaces alimentaires commence à ralentir. Pour la plupart des types de commerces, la part des communes pourvues d’un équipement commercial diminue, mais moins rapidement sur la période récente.
Les équipements commerciaux sont généralement plus nombreux dans les communes des espaces urbains que dans les espaces ruraux. Toutefois, l’accès rapide à au moins un magasin alimentaire est presque généralisé, même en espace rural. Les pharmacies, les boulangeries et les fleuristes sont les commerces dont la répartition est la plus en phase avec celle de la population.
La croissance retrouvée des espaces ruraux et des grandes villes au cours des années récentes pourrait modifier le paysage commercial, même si elle n’a pas encore trouvé d’écho sur le tissu commercial.

Le rôle du commerçant est, par essence, de rapprocher les marchandises de leur clientèle finale
Autrefois, l’implantation au plus près de cette clientèle était incontournable dès lors que, d’une part, il n’existait pas de moyen de conservation des denrées alimentaires périssables et que, d’autre part, les moyens de transport étaient limités. Le commerce était un commerce de proximité, exercé en boutique ou sur des foires ou marchés. Cette proximité géographique était d’autant plus indispensable qu’il s’agissait de produits de première nécessité.
Au siècle dernier, le commerce s’est profondément transformé en France, accompagnant les transformations des comportements de consommation. Le développement des transports et des équipements ménagers a favorisé l’implantation de grandes surfaces ou de centres commerciaux en périphérie urbaine. Cette implantation s’accordait au mouvement d’exode rural puis au développement de la périurbanisation. La croissance retrouvée des espaces ruraux et des grandes villes depuis le début des années 2000 remet en question le déploiement des différentes formes de vente et pourrait contribuer à remodeler le tissu commercial.

Les magasins d’alimentation : une implantation forte sur l’ensemble du territoire

L’implantation des commerces sur le territoire dépend de la localisation de la population. Les magasins qui vendent des produits de première nécessité, consommés et renouvelés fréquemment par les ménages, maillent plus finement le territoire. Ils peuvent en effet réaliser un volume d’affaires suffisant même dans des zones peu densément peuplées.
L’espace à dominante rurale est essentiellement composé de communes de petite taille. Ces communes étant relativement isolées, elles disposent souvent d’une offre commerciale pour les produits de première nécessité. Ramené à la population, le nombre de ces magasins est beaucoup plus élevé dans l’espace à dominante rurale que dans l’espace à dominante urbaine.
En 2007, il y a 8,5 boulangeries-pâtisseries pour 10 000 habitants sur l’ensemble du territoire métropolitain, 11,9 dans l’espace à dominante rurale et 7,7 dans l’espace à dominante urbaine. Les nombres de boucheries-charcuteries et d’alimentations générales-supérettes par habitant sont également plus élevés dans l’espace à dominante rurale.
À l’inverse, pour la vente de biens moins courants, telle que la vente de meubles ou de chaussures, les commerces s’implantent dans des zones plus denses, pour bénéficier d’une zone de chalandise suffisante. De plus, pour certaines activités, les magasins ont tendance à se concentrer, l’effet positif de l’attraction qu’exerce sur la clientèle la concentration d’une offre spécialisée l’emportant sur le risque d’être confronté à une concurrence accrue.
Ainsi, les magasins de vêtements sont beaucoup plus présents dans les espaces urbains : 10,2 pour 10 000 habitants dans les espaces urbains, contre 6,1 dans le rural. Pour certaines activités, comme les fleuristes et les pharmacies, le nombre de commerces pour 10 000 habitants en milieu urbain ou rural sont proches.

Source : Le commerce en France – A la campagne comme à la ville, des commerces traditionnels proches de la population – Gwennaël Solard – Insee éditions 2009