La question du changement climatique : agir ou subir ?
Dans les années 1820, le français Joseph Fourier examinait l’équilibre des échanges de chaleur sur la terre entre le rayonnement solaire et les radiations en provenance de la terre. Son calcul aboutissait à une température de près de 30°C en dessous de celle effectivement observée. 30 ans plus tard, l’Irlandais John Tydall identifiait les molécules, comme le dioxyde carbone, bloquant les radiations en provenance de la terre, expliquant ainsi la température élevée. Ces molécules multipliées par l’action humaine sont venues renforcer l’effet de serre.
Le réchauffement climatique est désormais un enjeu du quotidien. Les dégradations faites à la planète sont visibles et mesurables, alimentant les inquiétudes, la réflexion et les incitations au changement. Il faut fixer de nouvelles normes afin d’éviter que les pire scénarii ne se concrétisent.
Le changement climatique s’observe de la façon suivante
Principalement liée aux activités humanes de plus en plus émettrices de gaz à effet de serre 5GES), la concentration de carbone dans l’atmosphère s’accroît à grande vitesse. L’effet de serre qui en résulte provoque le réchauffement climatique.
La hausse de température sur l’ensemble du globe est pour l’instant de +0.8°C par rapport à la période industrielle.
L’impact de ce changement est visible. Les glaciers fondent, les événements climatiques, tornades, inondations, sont plus fréquents.
Le terme de « changement climatique » est cependant complexe
Sa mesure est globale : quelle que soit la source d’émissions (GES), l’impact de leur augmentation/réduction ne sera pas simplement local. Cela pose un dilemme : agir seul ne sert à rien mais ne pas agir si les autres le font peut permettre de limiter les coûts de celui qui n’agit pas. Un accord doit donc être global et son application doit faire l’objet d’un suivi précis.
Ses éléments constitutifs ont des durées de vie disparates. Certains GES persistant plusieurs dizaines d’années dans l’atmosphère, il faut agir dès à présent pour que la situation commence à s’améliorer dans les 30 ou 50 prochaines années.
Cette double dimension géographique et temporelle est délicate à appréhender tant pour les individus que pour les marchés. C’est pour cela que des options politiques sont nécessaires.
L’objectif généralement admis est de ne pas dépasser de +2°C la température moyenne de l’ère préindustrielle. Des options politiques fortes doivent être prises dès aujourd’hui afin que cette contrainte finisse par être respectée à un horizon même lointain. Selon Nicholas Stern, le coût associé à une action immédiate est de l’ordre de 1 à 2% du PIB mondial. Tout retard dans la prise de décision entraînerait d’importants bouleversements climatiques et donc des impacts d’autant plus négatifs sur l’économie.
Les conséquences économiques du réchauffement climatique
L’impact de ces bouleversements risque d’être spectaculaire sur la dynamique de l’économie globale ;
La hausse des températures pourrait avoir un impact négatif sur la productivité dans les services sauf à améliorer les systèmes de climatisation peu économes en énergie. Ces conséquences sure l’économie ne seront pas linéaires. Si la température augmente davantage, les effets pourraient se renforcer fortement. De nombreux auteurs ont modélisé les phénomènes climatiques pour déterminer leurs effets sur l’activité économique. Ceux-ci ne seraient pas linéaires en fonction de la température. Ils dépendraient également de la capacité d’adaptation à la hausse des températures. Il faut donc adapter les systèmes de production et accroître les incitations afin de respecter ces objectifs : l’un ne va pas sans l’autre.
Contribution : point économique Natixis Asset Management janvier 2010.
Twitter
Facebook
Flux rss