On entend un peu partout parler d’éco quartier, sans réellement savoir de quoi il s’agit.
Existe-t- il un modèle d’éco quartier ? C’est la question posée simultanément à un architecte, Jean-Loup Patriarche, et à un ingénieur, Sébastien Clert qui se sont tous deux intéressés à ce nouveau type d’architecture
Le Génie du Lieu
Pour Jean-Loup Patriarche, il n’y a certainement pas de modèle au sens « reproductible », car ce serait nier l’importance de l’originalité du lieu, dans la conception d’un quartier. Chaque contexte est unique, que cela soit dans l’organisation urbaine de départ, dans les références culturelles et les sensibilités locales ou le dynamisme économique. Formule valable pour un projet de bâtiment, chaque projet de quartier est un nouveau prototype à élaborer. Mais en matière d’éco quartier, il y a des références admises.
À ce titre d’ailleurs si Fribourg en Brisgau et son Quartier Vauban fait aujourd’hui figure de référence mondiale dans ce domaine, des villes comme Londres et Paris en 1900 étaient des précurseurs, grâce notamment a leur politique en matière de déplacement urbain et d’équipement collectifs (Le Tube, le Métro.)
Concilier développement et durabilité
Sébastien Clert partage l’avis qu’il n’existe pas de modèle type. Allant même à penser que toute définition figée ou procédure de normalisation serait dangereuse et inefficace. Cela étant, l’étude et l’analyse des quartiers d’habitations ayant développé une approche environnementale, montrent qu’il existe des similitudes. Tout d’abord, l’objectif commun est de concilier développement et durabilité, en prenant en compte les enjeux environnementaux et les enjeux économiques tout en visant une empreinte écologique la plus faible possible.
Ces quartiers mettent en avant un urbanisme intégré, sous forme de communauté dense et compacte, supports de déplacements courts, réduisant de fait le besoin de voiture et favorisant l’usage de modes doux. L’usage du vélo est important grâce à un réseau de pistes cyclables en site propre, une offre en parking à vélo, couplés à un second réseau de voies piétonnes sécurisées. Les transports en commun y sont systématiquement très présents et modernes.
Trame Verte et Trame Bleue
Le travail en plan masse permet d’identifier les flux et les accès au quartier mais aussi les secteurs à bâtir et ceux dédiés aux espaces verts. La réflexion sur la biodiversité, végétale et animale, se développe selon des principes de liaison et de continuité, horizontale et verticale.
Cette trame « verte » est régulièrement intégrée à une trame « Bleue », ludique, sous la forme de bassins et technique. Les eaux pluviales sont gérées en surface, réutilisées pour l’arrosage des espaces verts, nettoyer la voie publique ou alimenter les toilettes des bâtiments.
Ces quartiers mettent également en avant des constructions très performantes sur le plan des consommations énergétiques et un recours accru aux énergies renouvelables, notamment la biomasse et le solaire. Equipement public passif, logements basse consommation, éco matériaux.
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