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Messieurs les densificateurs, bonsoir !

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L’enseignement des chiffres face aux idées reçues sur le rôle néfaste des maisons individuelles dans l’effort de densification urbaine.

Olivier Piron, Inspecteur Général de l’Equipement s’est livré, avec la bénédiction de l’Union des Maisons Françaises, à une étude de localisation des logements sur le territoire pour montrer le rééquilibrage progressif du parc vers une moindre part de la maison individuelle.
Entre 1990 et 2006, la France métropolitaine a augmenté son parc de logement de 2,5 millions de logements, dont 1,6 million de maisons et 0,9 million d’appartements, soit une croissance globale de 8,3% sur la période.

Où sont localisés ces 2,5 millions de logements, sachant que, en 1999, 55,5% du parc de logements était composé de maisons individuelles ?
Pour le repérer, notre Inspecteur Général de l’Equipement a exploité les plus récents tableaux mis en ligne par l’Insee, et tenté d’analyser la situation en fonction de la taille des communes d’accueil, en les classant par taux croissant de maisons individuelles.

Bien évidemment, c’est Paris qui est hors normes, avec seulement 1% de maisons individuelles, et environ 1000 de moins en 2006, sur un parc de 1 330 000 logements en croissance de 12 000 logements seulement.

En second lieu, se présente un groupe de 13 millions de logements, soit environ 28 millions de personnes, et qui comprend les grandes communes de centre ville, ainsi que certains villages montagnards. Alors que les maisons y représentent en moyenne 23,3% du parc existant, elles représentent 33% du parc complémentaire. Autrement dit, elles augmentent leur importance relative. Ce fait, qui peut sembler surprenant à première vue, provient à la fois de la politique énergique de démolitions de logements collectifs conduite par les pouvoirs publics, ainsi que du souci des élus de bien souvent imposer un pourcentage minimum de maisons dans les nouvelles opérations. Le rythme global d’évolution a été de 5,8%, inférieur à la moyenne nationale.

En troisième lieu, on trouve un groupe de 12 millions de logements, largement constitué de communes entre 1000 et 5000 logements, et qui a connu une situation inverse : alors que les maisons y représentent 73,3% de l’existant, elles ne sont présentent qu’à 62% dans l’augmentation du parc, qui a cru de 10% au total, soit plus vite que la moyenne nationale.

Enfin, environ 6 millions de logements, centrés sur les communes de moins de 1000 logements (mais avec des exceptions), présentent une situation particulière : alors que les maisons y représentent 97% du parc existant, elles ne représentent que 80% de l’augmentation du parc. Autrement dit, les appartements, qui ne faisaient que 3% du parc, représentent 20 % de l’augmentation. Ce phénomène provient certainement à la fois d’une croissance des résidences secondaires sous forme d’appartements, mais aussi de l’apparition de logements collectifs (soit par construction neuve, soit par modification de l’existant), permettant de compléter le parc préexistant avec des logements de plus petite surface. Et le rythme d’évolution globale y a été de 11,5%, soit le plus élevé des différents groupes analysés.

En se concentrant sur les seules communes de plus de 100 000 habitants, Paris exclu, composées actuellement de 13% de maisons individuelles, on découvre que l’augmentation de leur parc est constituée à 25 % maisons, ce qui ne semble pas tout à fait correspondre aux actuels discours sur la densification développés dans certains milieux.

Au total, dans le cadre d’une augmentation totale du parc de logements de 8,3 %, le pourcentage de maisons individuelles est passé de 55,5 % à 55, 7%. Nous sommes bien en face d’un rééquilibrage progressif. CQFD.