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Qui veut la peau des énergies renouvelables ?

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Le retard d’échéancier n’inquiète guère le monde, comme si l’essentiel était de participer.

« La lutte contre le réchauffement climatique ne se mesure pas nécessairement à l’aune de l’échec de
Copenhague. Néanmoins, il faut espérer que les fruits de la négociation finiront par mûrir à Bonn ou à Rio.
». Alain Liébard, Président d’Observ’Er.

Déjà un historique d’une dynamique !
C’est à l’issue de la Convention-Cadre de 1997 qu’a été signé le protocole de Kyoto, première grande étape d’une tendance qui ne cessera de s’affirmer année après année. Celui-ci est entré en vigueur en 2005 et marque la première étape d’un formidable élan impulsé à l’échelle globale qui sera suivi à l‘échelle régionale et nationale.
Toujours en 1997, les pays de l‘.Union Européenne signent le Livre Blanc visant à doubler la production d’énergie propre pour l’Union en 2010.
A l’échelle nationale, l’Espagne a mis en application l’Ordonnance Solaire de Barcelone en 1999 visant à obliger l’installation d’un chauffe-eau solaire sur toute nouvelle construction d’habitation collective ou lors de rénovations.
Des pays comme le Danemark, la Suède et la Finlande ont mis en application une taxe environnementale sur l’émission de gaz à effet de serre.
En 2009, la France à voulu les imiter mais doit, aujourd.hui, faire face à des difficultés pour la validation de la taxe. N’oublions jamais que Total, l’un des plus gros pollueurs de la planète, est un groupe français !

Au vu de nombreux observateurs, l’année 2009 présente un coup d’arrêt à cette grande dynamique du développement des énergies renouvelables.
En France, le Conseil Constitutionnel est allé à l’encontre de l’engagement du gouvernement en invalidant la Taxe Carbone. Cette taxe vise à favoriser les activités, services ou produits moins
« énergivores », et à encourager les économies d’énergie là où la consommation d’énergie est élevée ou dans certaines industries. C’est surtout l’issue de la conférence de Copenhague de décembre 2009 qui constitue le principal revers et coup d’arrêt du volontarisme des Etats à l’échelle globale.

Pour Jean Louis Bal, Directeur productions et Energies Durables de l’Ademe « Tout reste à faire »
« Première constatation, l’échéance fixée à fin 2010, aucun des trois objectifs européens ne sera atteint : ni les 12 % d’énergie primaire fixés par le Livre blanc ni les 21 % de la consommation d’électricité et, moins encore, les 5,75 % de biocarburants.
Seconde constatation, les objectifs individuels des États membres sont également loin d’être atteints, à deux exceptions notables : l’Allemagne, qui a dépassé en fin 2008 son objectif 2010 d’électricité renouvelable, et la France, qui a pratiquement atteint en 2008 l’objectif 2010 d’incorporation de biocarburants.
»

Comme le lièvre de La Fontaine, la France est partie trop tard.
« Notre pays sera cependant loin du compte concernant l’électricité renouvelable, payant ainsi son inertie de la première moitié de décennie durant laquelle la part des énergies renouvelables dans la consommation d’électricité n’a cessé de décliner. Depuis 2005, la tendance s’est inversée mais, comme le lièvre de La Fontaine, nous sommes partis trop tard. » souligne Jean-Louis Bal avant d’envisager une échéance plus lointaine, celle de 2020 « Nous devons donc maintenant tourner nos yeux vers l’objectif 2020 de la nouvelle directive votée en 2009 et portant sur l’ensemble des usages de l’énergie. Les nouveaux objectifs, qui ont cette fois un caractère contraignant, sont encore plus ambitieux que les précédents, tandis que le délai pour les atteindre est sensiblement le même. Or, le troisième constat que l’on peut faire à la lecture des chiffres d’EurObserv’ER, c’est que, malgré ses progrès évidents, la France est encore loin d’être sur la trajectoire qu’elle s’est elle-même fixée dans le cadre du Grenelle de l’environnement, en parfaite cohérence avec le paquet Énergie- Climat de l’Union européenne. Ce constat devrait nourrir les réflexions prochaines de l’ensemble des parties qui ont élaboré le rapport du comité opérationnel sur les énergies renouvelables (Comop) du Grenelle de l’environnement, véritable feuille de route qui a fixé à 20 Mtep le supplément d’énergies renouvelables en France entre 2006 et 2020. »

Everywhere but Not In My Back Yard
La 15e « Conférence des parties » de la Convention-Cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) devait être l’occasion de renégocier un engagement à l’échelle globale sur le climat remplaçant le protocole de Kyoto dont la première étape prend fin en 2012.
La concertation entre les pays n’a débouché sur aucun accord, ni engagement concret, mais à mis en avant le retour de la défense de l’intérêt national. Pour preuve la démission du secrétaire exécutif de la CCNUCC, le néerlandais (donc motivé) Yvo de Boer, qui rejoint le secteur privé chez le consultant KPMG. Entre sauver la planète pour la gloire et connaître la réussite personnelle avec la rémunération qui va de pair, la question du choix ne se pose pas.
Malgré ces échecs, la dynamique du développement des énergies propres ne semble pas avoir été affectée. Pour preuve, l’attitude des Etats et des entreprises à l’égard de ces énergies durant la crise économique.
L.intégration de programmes de développement des énergies propres de grande envergure au sein de la plupart des plans de relance des principaux Etats ainsi que les investissements des sociétés ont permis une augmentation 31% de la production éolienne mondiale et le doublement de la production solaire en France entre 2008 et 2009. Le potentiel des énergies renouvelables est colossal, très largement supérieur aux besoins de l’humanité. Investir massivement dans les énergies renouvelables permet de réaliser des économies massives sur la facture pétrolière et gazière et de réduire la dépendance énergétique des pays importateurs de ressources énergétiques.


Sources : Banque Pictet & Cie. Observ'ER (Observatoire des énergies renouvelables).