«La commission au pourcentage appliquée par la profession est assimilable à un impôt privé sur le patrimoine foncièrement injuste.»
Le concept de l’Etude Immobilière est de proposer une « rare alternative » aux agences immobilières existantes. Mais le premier de vos trois principes fondamentaux est la perception d’un forfait transactionnel de 8 500 euros. Dans quel sens faut-il comprendre votre alternative ?
La commission au pourcentage appliquée par la profession est assimilable à un impôt privé sur le patrimoine foncièrement injuste. Facturer un service en fonction de la valeur de l’objet de la transaction n’a aucun fondement ou réalité économique : n’est-il pas normal de payer le même prix pour un même service ? Vendre un bien à 200 000 € ou 400 000 € requiert les mêmes compétences, pourquoi alors exiger 12 000 € pour l’un et 20 000 € pour l’autre ? Nous avons vendu un appartement à Paris 1,5 M € avec 8500 € de frais d’agence, alors que notre confrère en demandait 50 000 € : ça laisse songeur non ? Notre forfait clairement affiché offre une visibilité immédiate du prix de vente du propriétaire et donc une comparaison des produits entre eux. Ce forfait résulte d’une construction économique composée de frais de fonctionnement et d’une marge nécessaire au développement de toute entreprise, ce modèle économique équitable et innovant nous a valu le soutien d’Oseo. A service identique prix identique, avec une transparence tout au long du processus jusqu’aux négociations finales sur le marché.
Vous dites vous employer à « abolir les visites inutiles ». Or, la visite reste l’acte décisif de tout achat immobilier ; et ce n’est qu’après que l’on peut juger de son inutilité. Pouvez-vous nous faire partager votre vision virtuelle de la visite ?
Notre modèle économique forfaitaire s’inscrit dans une dynamique d’industrialisation des étapes de la transaction pour une recherche de productivité. Dans le cadre de notre démarche ISO engagée depuis 2003, toutes nos actions sont résolument tournées vers le « bénéfice client ». Notre étude marketing initiale révélait l’inconvénient chronophage des visites pour les acheteurs et les vendeurs victimes de tourisme immobilier. L’étude préalable de solvabilité et de la capacité d’emprunt du client s’associe à une qualification précise de ses besoins concrets et de ses envies pas toujours compatibles avec son budget. Il « pré-visite » une sélection de biens en vidéo, et ne visite alors que ceux compatibles avec son budget, dont il connaît les caractéristiques, les avantages et les inconvénients et dont il a eu un aperçu visuel assez précis. La visite physique confirme ou infirme la construction de ses premières impressions. Le vendeur est assuré de n’être dérangé que par des clients solvables dont les critères de recherche sont en adéquation avec son bien. De 10 à 15 visites nécessaires pour un bien dans un schéma traditionnel, le ratio redescend à 3 ou 4 en moyenne avec la visite filmée systématique. A noter que tous nos biens sont en visite filmée ; nous sommes les seuls en France à offrir ce service.
Vous jugez le marché de l’immobilier français ‘’dépassé’’. Par les événements ? Par l’archaïsme de ses méthodes ? Ou par la faillite intellectuelle de ses acteurs ?
Je dirais que ce n’est pas le marché qui est dépassé mais la profession qui a montré son archaïsme face à la crise d’abord financière, puis immobilière, laissant 30% de professionnels sur le carreau. Elle est dépassée par son mode de rémunération, son absence d’ouverture à la concurrence avec une exclusivité verrouillant la « grosse » commission, et son retard technologique à appréhender les mécanismes du e-commerce sur un produit qui est devenu un produit de consommation. On achète aujourd’hui du volume habitable et non plus la maison de famille parce les mutations professionnelles, sociales et familiales nous font acheter de l’immobilier 5 à 7 fois dans une vie. Nos confrères européens ont de l’avance sur nous. Tous les réseaux immobiliers français appartiennent à des groupes bancaires, cette collusion est plus que nuisible au « bénéfice client ». L’amendement Lucas l’a trop timidement dénoncé dans la loi Boutin, il y a encore beaucoup de chemin à faire pour révolutionner ce corporatisme.
Vous vous positionnez gagnant par rapport aux agences immobilières. Quels arguments pouvez-vous opposer à ceux qui opteraient pour une transaction de particulier à particulier, ou là le forfait descend de 8 500 euros à zéro euro ?
Quand 80% des procédures litigieuses liées à l’immobilier sont issues de transactions PaP, je crois qu’il paraît évident que la sécurité apportée par un professionnel sur l’investissement le plus important des Français est la première réponse. Les garanties professionnelles (garantissant la perception des dépôts de garantie), la RCP, la carte professionnelle sont incontournables pour tout agent immobilier qui se respecte. L’émergence continue de réseaux low cost au service minimum via internet laisse parfois dubitatif sur ces points. Au-delà des compétences et d’une connaissance du marché local, ce sont autant d’assurances de ne pas se retrouver engagé dans des procédures qui coûtent x fois plus cher que la commission à laquelle on voulait échapper, a fortiori quand elle était honnête pour le service rendu. Le cadre juridique d’une transaction devient de plus en plus complexe au fil des lois, règlements, diagnostics qui s’imposent et s’accumulent. Faire appel à un bon professionnel est un indéniable atout sécuritaire et donc un gage de sérénité.
www.etude-immobiliere.com
Propos recueillis par Gilles Arnoux

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