« Le Groupe va se recentrer sur le marché français dans les 3 domaines où Gecina bénéficie de positions de leadership : l’immobilier de bureaux, le résidentiel et l’immobilier de santé »
Sur votre proposition, Gecina a redéfini sa stratégie à moyen terme. Pouvez-vous nous en présenter les grands axes ?Tout d’abord, Gecina va se recentrer sur la France, et ce pour une raison simple : nous exerçons des métiers dans lesquels les synergies internationales n’existent pas. De plus, le marché a clairement démontré que les sociétés qui pensaient être plurinationales ou multi-marchés se sont trompées. Le Groupe va donc se focaliser sur son expertise locale, une notion à laquelle je crois beaucoup. Avec plus de 90 % de nos actifs dans Paris et en Ile-de-France, qui représentent un des plus importants marchés du monde, ce choix de recentrage s’impose même comme une évidence.
Deuxième axe de notre nouvelle stratégie, l’articulation de nos activités, avec le pôle économique, qui comprend aujourd’hui les bureaux, la logistique et les hôtels, et le pôle démographique qui se compose du résidentiel, des résidences étudiants et de la santé.
Le marché ne pensant pas que nous puissions efficacement nous développer dans l’ensemble de ces activités, nous étudions calmement et sereinement une sortie des activités logistique et hôtellerie.
Pourriez-vous préciser davantage les conditions de ces retraits ?
Ces deux secteurs ne sont plus stratégiques pour nous, ce qui signifie que le Groupe n’y fera plus d’investissements majeurs. Nous n’allons pas cependant brader à l’encan ces deux activités inhérentes à la diversification menée les années précédentes par Gecina.
Mais, au contraire, nous donner les moyens de vendre ces actifs quand les conditions adéquates seront réunies. Le profil du Groupe dans trois ans sera le suivant : environ 30-35 % de “démographique” et 65-70 % d’“économique”.
Dans un environnement économique tendu et un contexte géographique favorable, comment envisagez-vous l’évolution du secteur de l’immobilier et celle de Gecina ?
Pour les bureaux, il me semble que tant que des emplois seront détruits, les loyers seront sous tension. Les surfaces “vertes” à proximité des transports en commun trouveront preneur à des tarifs compétitifs, tandis que les immeubles obsolètes, inadaptés aux modes de vie contemporains et coûteux en exploitation seront pénalisés.
Pour ce qui est des investissements, mon analyse est que le marché sera plus actif et animé par des liquidités importantes qui cherchent à se placer sur l’immobilier, l’un des rares actifs présentant un risque mesuré et un rendement de 5 à 6 %. Cette stabilité des valeurs offrira au Groupe les moyens d’améliorer sa situation, son bilan. En résidentiel, paradoxalement, plus la crise est importante, plus la location se révèle attractive auprès de ceux de nos clients qui ne souhaitent pas s’engager sur le long terme. Le parc locatif n’a donc jamais été aussi bien loué qu’actuellement. Les valeurs résidentielles repartent à la hausse, notamment dans les segments de marchés haut de gamme où nous sommes très présents, ce qui augure du redémarrage d’un nouveau cycle immobilier.
Les réglementations environnementales vont-elles soutenir ou contraindre ce rebond ?
Il faut à la fois composer avec la réalité de millions de mètres carrés du parc existant qui ne pourront pas toujours facilement supporter techniquement et/ou financièrement les investissements nécessaires à la mise aux normes environnementales et notre vision de la ville. Il ne s’agit pas de requérir davantage de foncier, mais de reconstruire la ville sur la ville et de la densifier afin de rentabiliser les opérations de démolition/ construction. Les immeubles difficilement transformables pour Gecina feront l’objet d’arbitrages, ceux qui le sont devront compenser les dépenses de mise aux normes par une augmentation des loyers. Le cœur de notre développement sera dévolu aux programmes neufs qui anticipent les futures réglementations.

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