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Le crédit habitat en trois langues

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Grâce à des taux d’intérêt proches ou en deçà de leurs plus bas historiques. Espagne, Royaume-Uni et France connaissent des fortunes diverses mais bonnes.

En Espagne, les banques espagnoles sont celles qui proposent actuellement les taux d’intérêt les plus faibles (3,27% en juin pour les nouveaux prêts à l’habitat d’une durée de plus de 10 ans) et leur encours de prêt aux ménages pour l’habitat a renoué avec la croissance au deuxième trimestre, avec notamment une forte production en juin, après une quasi-stabilité observée depuis le deuxième trimestre 2009. La croissance est également forte en France, avec une accélération du taux de croissance pendant trois trimestres consécutifs.

Au Royaume-Uni, l’encours de crédit hypothécaire (exprimé en Livres Sterling) a baissé régulièrement depuis qu’a éclaté la crise financière jusqu’au premier trimestre 2010. Alors qu’auparavant, le crédit couvrait souvent la quasi-totalité de la valeur du bien acheté, la part financée n’en représente plus que les trois quarts dans la majorité des cas. Une reprise a été constatée au deuxième trimestre, mais les premières statistiques sur juillet indiquent montrent le nombre de nouveaux prêts hypothécaires est déjà retombé.

En France, la production a été stimulée par les annonces de révision des loyers plafonds de la loi Scellier et par l’approche de la fin (au 30 juin) du doublement du prêt à taux zéro, décidée dans le cadre du plan de relance. La ministre de l’économie a par ailleurs annoncé la suppression du dispositif de la loi TEPA, qui allouait aux foyers détenteurs d'un crédit immobilier, pendant les cinq années suivant l'acquisition de leur résidence principale, un crédit d’impôt sur le revenu égal à 40 % des intérêts d'emprunt la première année puis 20%, à concurrence de 3.750 euros pour un célibataire ou 7.500 euros pour un couple, plus 500 euros par personne à charge. Cette mesure bénéficiait à tous les acquéreurs de leur résidence principale, qu’ils soient primo-accédants ou non.
Ce dispositif sera remplacé par une nouvelle organisation du Prêt à Taux Zéro. Celui-ci ne sera désormais plus assorti d’une condition de ressources, mais il restera réservé aux primo-accédants et il sera modulé en fonction du revenu du bénéficiaire et de la zone d’habitation. L’éligibilité des acquisitions dans l’ancien, qui existe depuis la dernière réforme du PTZ en 2005, sera maintenue, mais l’incitation sera majorée pour l’acquisition d’un logement neuf.

En matière de crédit, plus globalement, le Royaume-Uni et l’Espagne ont renoué avec la croissance, pour la première fois depuis l’éclatement de la crise financière. La plupart des banques de détail tirent profit de l’endiguement relatif du surendettement, et diminuent leurs provisions pour créances douteuses. Cependant, la part des acquisitions de logement financée par l’emprunt a nettement diminué au Royaume-Uni, et le marché est quasiment fermé à une majorité de candidats à la primo-accession. Pour éviter cette situation, les prêts à taux zéro en France seront désormais réservés aux primo-accédants, et l’incitation sera majorée pour l’acquisition de logements neufs. Cette mesure devrait augmenter la part des accédants à la propriété dans les ventes (qui ont redémarré) de logements neufs par rapport aux investisseurs en immobilier locatif (dispositif Scellier). En contrepartie, la déduction des intérêts d’emprunt de l’assiette sur le revenu va être supprimée, ce qui ne devrait pas avoir d’impact significatif sur le recours au crédit habitat.

Source : Observatoire de l’Epargne Européenne – Tableau de bord de l’’épargne en Europe – septembre 2010

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