Immobilier : la « lutte des places » de logement

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L’exacerbation des concurrences conduit à la « lutte des places ». Extrait du  17e rapport sur l’État du mal-logement en France Fondation Abbé Pierre.

Les conditions d’accès au logement pour les ménages sont dépendantes des caractéristiques de l’offre, elles-mêmes largement forgées par les mécanismes du marché : le secteur privé représentant plus de 80 % des résidences principales, ce sont ses règles marchandes qui s’imposent pour 4 ménages sur 5 qui accèdent à un logement chaque année.
Le marché sélectionne ceux qui présentent les meilleures garanties par leur niveau de revenu et leur statut professionnel, et refoule les autres vers la gamme des réponses apportées par la puissance publique.

Certes, la réalité n’est pas aussi rigide que l’indique le propos, puisque des ménages très modestes et même pauvres peuvent être propriétaires (mais il s’agit souvent de personnes âgées ayant acquis leur logement il y a longtemps) ou locataires du secteur locatif privé (mais en secteur tendu ils nourrissent alors la demande Hlm, ou doivent parfois supporter des taux d’effort très élevés).
D’une façon générale, c’est bien ce mécanisme de tri, de centrifugation des demandeurs qui domine.
Et, à cette sélection par le marché des demandeurs de logements les plus solvables, répond la concurrence qui s’installe à tous les niveaux de l’offre publique qui demeure insuffisante, qu’il s’agisse d’hébergement ou de logement social.

Face à l’augmentation de la demande de logement social ou à la pression de la demande d’hébergement, les organismes Hlm comme les gestionnaires de structures d’hébergement sont eux-mêmes amenés à mettre en place des mécanismes de tri qui fonctionnent non pas sur les principes du marché mais sur des critères sociaux (même si la capacité du demandeur à supporter le coût du logement demeure un critère central).
Ce qui relève de la gestion de la demande - du côté des structures - se traduit souvent par un sentiment de concurrence du côté des demandeurs et d’incompréhension pour ceux dont la demande n’est pas prise en compte.

Finalement, la précarisation de la société conjuguée à l’insuffisance et à l’inadaptation de l’offre de logement crée les conditions d’une mise en concurrence des personnes qui ne peuvent se loger aux prix du marché.
Tout se passe comme si s’organisait ainsi objectivement une véritable « lutte des places ». Une lutte qui ne se traduit pas par un affrontement entre les demandeurs d’hébergement ou de logement social, mais par un affaiblissement de l’espoir que les plus faibles mettent dans les réponses publiques, et un découragement qui les conduit à ne plus rien attendre.


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